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JUSTICE
WATCH INTERNATIONAL
Mon
nom est Farley C. Matchett et je suis l’un des détenus du
Couloir de la Mort du Texas.
Mon
crime tel qu’il est défini par le Code Pénal texan est celui
de légitime défense. J’ai été extrêmement mal représenté
lors de mon procès et j’ai été très rapidement envoyé dans
le Couloir de la Mort.
En
juillet 1991, j’ai demandé à un homme qui me devait de
l’argent, quand il comptait régler cette dette vieille de 8
mois. Lorsque je lui ai posé cette question, il s’est fâché.
Je me suis très vite rendu compte que la conversation allait
s’envenimer et j’ai tenté de partir. Mais il m’a
brutalement arrêté à la porte, m’a bloqué et m’a asséné
un coup de poing. Nous avons commencé à nous battre. J’étais
en situation d’infériorité devant cet homme bien plus fort que
moi.
A
un moment donné, il a sorti un couteau qu’il a appuyé sur ma
gorge dans l’intention bien évidente de me la couper. Je lui ai
envoyé un coup de genou dans l’aine et j’ai retourné le
couteau contre lui. Le couteau est entré dans sa poitrine et il
s’est immédiatement écroulé. J’ai appelé les secours et il
est mort sur la table d’opération.
Trois
jours plus tard, j’ai été arrêté et passé à tabac pendant
36 heures d’affilée. Pendant ce tabassage, les policiers ont
littéralement extorqué une confession et j’ai signé ce
qu’ils voulaient simplement pour que s’arrête ce tabassage.
Je ne pouvais voir ce que je signais tellement mes yeux étaient
gonflés. Les policiers ont guidé ma main pour que je signe cette
confession.
Le
procès a débuté le 22 février 1993 et s’est terminé le 26 février
1993. Ce n’était rien de moins qu’une parodie de justice. Mon
avocat commis d’office n’a pratiquement rien fait pour défendre
mes droits. Il m’a donné pour instruction de plaider coupable
afin d’éviter une sentence de mort, il prétendait invoquer la
légitime défense par la suite . Je l’ai suivi car je lui
faisais confiance mais en vérité il m’a préparé à recevoir
une sentence de mort.
Il
n’a appelé que deux témoins pendant la première phase du procès.
Il n’a formulé aucune objection et en 1996, la Cour d’Appel
m’a débouté lors de mon premier appel à cause de cela. Ils
ont dit que l’avocat avait omis de faire acter des objections
lorsque les erreurs étaient manifestes et que, de ce fait, ils ne
pouvaient les acter pour lui. S’il avait fait acter une seule
objection, j’aurais pu obtenir un nouveau procès. Il a laissé
le champ libre à l’accusation pour m’envoyer dans le
couloir.
Ma
victime avait été toujours considérée comme un Blanc et
c’est ainsi que je le voyais lorsque je lui avais donné cet
argent. Je le connaissais depuis quelques années avant les faits.
Pendant le procès, il a toujours été décrit comme un Blanc
marié à une Noire. Cela a été dit devant un jury composé de
11 Blancs et d’une Noire.
Des
années plus tard….. en juin 2000, une avocate qui revoyait le
dossier est tombée sur un rapport d’autopsie et a vu que la
victime avait été indiquée comme étant de race noire. Elle a vérifié
cela auprès du médecin légiste parce qu’elle pensait dans un
premier temps qu’il s’agissait d’une erreur de frappe mais
le médecin légiste lui a confirmé que cet homme était un mulâtre
et que bien que son apparence ait été celle d’une personne de
race blanche, il était légalement un Noir.
Le légiste a fait une déclaration formelle comme quoi il en
avait informé l’accusation lorsqu’il lui avait remis le
rapport et que l’accusation était parfaitement informée de la
race de la victime. Lorsque cette avocate a rencontré le juge
dans l’espoir de pouvoir conclure un marché avec lui, elle a été
priée de vider les lieux. Les minutes qui présentaient la
victime comme blanche avaient été changées quelques jours plus
tôt et l’ont présentée comme un Noir. Elle a immédiatement
flairé la conspiration et elle est allée trouver un autre juge
afin d’obtenir l’immunité pour l’avocat commis d’office
si elle parvenait à obtenir qu’il parle.
Le
juge a accepté et l’avocate a rencontré l’avocat qui,
lorsqu’il a été assuré de l’impunité, a confessé que tous
savaient que la victime était noire légalement. Il a accepté de
signer un affidavit dans les jours qui suivraient mais cela
n’est jamais arrivé parce qu’il s’est donné la mort le
jour suivant (juin 2000).
Mon
procès a été, sans l’ombre d’un doute, truffé de vices de
forme du fait tant de l’avocat que de l’accusation et de
violations flagrantes de mes droits. Il suinte la conspiration et
l’injustice. S’il avait dit que la victime était noire je ne
serais pas ici dans le couloir de la mort ni même dans aucune
autre prison. Mon procès a été un exemple flagrant de
corruption judiciaire ici au Texas et notre ex-gouverneur continue
à jurer que « tout le monde » dans le couloir de la
mort a bénéficié d’un procès juste.
La constitution américaine garantit à chaque Américain le droit
à un procès équitable et à un jury impartial. Ce droit m’a
été refusé parce que l’infirmière qui avait soigné mes
blessures après le tabassage n’a pas été autorisée à témoigner.
L’appel
que j’avais lancé pour les secours n’a pas été mentionné.
Je n’ai pas été autorisé à témoigner pour ma défense et
les photos de l’autopsie ont été présentées au jury pour
l’enflammer contre moi alors que le juge décidait dans le même
temps que les photos prises après le tabassage n’étaient pas
recevables et, en 5 jours seulement, j’ai reçu une sentence de
mort.
Mon
affaire comme celle de beaucoup d’autres ici, est truffée
d’erreurs et de vices de forme. Beaucoup de politiciens
demandent une réforme et des garde-fous en ce qui concerne la
peine capitale. Quelque part, au long du chemin, une vie innocente
va se terminer par une exécution. Je cherche désespérément à
éviter que cette vie ne soit la mienne. Le Texas est plongé
jusqu’au cou dans l’injustice et les exécutions y sont
devenues si courantes qu’elle ne font même plus la première
page du journal de Huntsville.
L’ex
gouverneur Bush a fait exécuter plus de 145 personnes durant les
5 ans de son mandat. Il a opposé son veto à un amendement qui
stopperait les exécutions des arriérés et malades mentaux. Il a
refusé d’autoriser la création d’un pool d’avocats de la défense
expérimentés dans la conduite des procès qui mènent à la
peine de mort et laisse ainsi le choix de l’avocat de la défense
au juge de district. Ils commettent des avocats à leur botte et
qui contribuent par la suite (avec déduction d’impôt) à la
campagne de ré-élection de ces juges.
Il
n’y a pas de justice pour les pauvres, les malades mentaux, les
arriérés mentaux et les gens de couleur. Tout ce que nous
pouvons faire, c’est d’espérer des lendemains qui chantent et
prier pour un miracle devant tant d’adversité lorsque des vies
se trouvent dans la balance d’une parodie de justice. Je cherche
à avoir un nouveau procès afin que je puisse officiellement présenter
à la Cour tous les faits qui ont été omis lors de mon premier
procès. J’en appelle à votre soutien afin d’être capable de
me présenter devant la cour d’appel et d’y être en mesure
d’assurer ma défense.
J’ai
besoin de votre soutien financier; je vous donne ci-dessous
l’adresse de mon fonds de défense en France. Si vous le
souhaitez, vous pouvez également m’écrire (en anglais
uniquement).
Chaque
nuit, lorsque je pose la tête sur l’oreiller, je prie pour la
Justice, la Liberté et la possibilité d’enfin pouvoir prendre
mes trois filles et ma grand-mère dans mes bras. Merci à chacun
de vous pour le temps que vous me consacrez dans cette pénible
affaire. Prenez soin de vous et que Dieu vous bénisse.
Sincèrement,
Farley C. Matchett
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